So long...

So long...
NOUVEAU BLOG !


Nouveau oui, car l'auteur de ces lignes officiait déjà sur un blog dédié au 7ème Art, un blog commun géré avec un pote de ma classe. Suite à une sérieuse dispute, j'ai décidé de couper les ponts, et lui laisse la responsabilité du site. J'en créé donc un nouveau (placé sous le signe du bon goût, cela va de soi :), avec l'aide de deux ami(e)s : Eléonore (en classe de 1ère L avec moi, qui a déjà un blog à elle : cheshirecatgirl) et Olivier (en 2nde, dans le même lycée). Rien à ajouter pour l'instant (on fera un petit article de présentation la prochaine fois), là je voulais simplement dire "Adieu" à mon ancien blog (sans regrets toutefois, ça valait pas le coup de continuer). Mais ceci est une autre histoire... Adieu drunkmen donc, et bienvenue à 99films !

Guillaume

# Posté le dimanche 13 avril 2008 06:10

Modifié le lundi 09 juin 2008 16:11

Qui êtes vous ? Que voulez-vous ?? Dites-nous tout...

Qui êtes vous ? Que voulez-vous ?? Dites-nous tout...
Comme nous sommes tous trèèèès polis ici, on se présente. Vous allez voir, y a que des gens bien et saints d'esprit ici !


Eléonore

Une couleur : violet
Un oiseau : un moineau
Un arbre : un cerisier
Un animal : un tigre blanc
Une senteur : le musc
Un pays : l'angleterre
Une chanson anglophone : DumB
Un instrument : la guitare
Un métier : écrivain
Un parfum : ckone de calvin klein
Une fleur : un camelia
Un élément : le feu
Un lieu : une plage (hors saison ou le soir tard)
Une direction : sud-est
Une déesse de la mythologie : vénus
Un dieu de la mythologie : narcisse /dyonisos
Une planète : mars
Un livre : "l'écume des jours"
Un alphabet : l'alphabet cyrillique
Un objet : un livre
Une pierre : l'améthyste
Une arme : un sabre
Une langue : le russe
Un signe du zodiaque : bélier
L'Enfer ou le Paradis : le paradis lenfer on le vit certains jours
Un son : une guitare sèche
Un musicien : ludwig von beethoven
Un vêtement : un jean troué aux genoux
Une boisson chaude : Un café
Une boisson froide : la vodka
Une boisson alcoolisée : la vodka
Un symbole : une étoile
Un film : orange mécanique
Une ville : paris
Un chanteur : Kurt Cobain
Un poête : Baudelaire
Un écrivain : jEAN Paul SaRtrE
Un mouvement musical : grunge or Punk
Un super Héro : Batman!!!!
7 réalisateurs cultes : Stanley Kubrick, Quentin Tarantino, Lars von Trier, Paul Verhoeven, Brian de Palma(il a envahi ma dvdthèque ça fait peur),Emir Kusturica, Sergio Leone [...]
7 dessins animés cultes : aladdin, alice aux pays des merveilles, mon voisin Totoro, le tombeau des lucioles, kuzco, le roi et l'oiseau, shrek (XD)
7 films cultes : Orange Mécanique, Turkish delight, Dancer in the dark, Reservoir dogs, Fight club, le bon, la brute et le truand, arizona dream [...]
7 films détestés : Jeepers creepers (et ses suites), Taxi 2 (et ses suites) , |j'en suis à 5 je crois bien], les vacances de monsieur Hulot (merci samoht) [...]


Olivier

Une couleur : noir
Un oiseau : corbeau
Un arbre : le chêne
Un animal : moi ^^
Une senteur : le chocolat
Un pays : le Japon
Une Phobie : l'ecole...
Une chanson anglophone : Every breath you take
Un instrument : la guitare
Un métier : réalisateur
Un parfum :.....
Une fleur : le coquelicot
Un élément : L'eau
Un lieu : 276 rue jean goubert
Une direction : l'ouest
Une déesse de la mythologie : venus
Un dieu de la mythologie : adhes
Une planète : Mars
Un livre : J'irai cracher sur vos tombes
Un alphabet : l'alphabet chinois ^^
Un objet : mon camescope
Une pierre : le galet
Une arme : mon cerveau (machiavelique)
Une langue : chinois
Un signe du zodiaque : poisson
L'Enfer ou le Paradis : Le purgatoire
Un son : la pluie
Un musicien : Ennio Morricone
Un vêtement : mon caleçon
Une boisson chaude : Un café
Une boisson froide : un coca
Une boisson alcoolisée : un bon cidre
Un symbole : le ying et le yang
Un film : die hard 5 ^^
Une ville : Cherbourg
Une chanteuse : ....
Un poète : Verlaine
Un écrivain : Boris Vian
Un mouvement musical : Rock !!!
Un Super Heros : double face
7 réalisateurs cultes : Ridley Scott,Brian de Palma,Francis ford Coppola,Quentin Tarrantino, Johnnie To ,Sergio Leone,et Michael Mann
7 dessins animés cultes : Princesse Mononoké, Le Roi Lion, Corto Maltese, Cowboy Bebop, Wallace et Gromit, Le tombeau des lucioles...et Shrek (pour Guillaume, je sais que t'adores en vrai ne mens pas !! :)
7 films cultes : les Incorruptibles, Blade Runner, Trilogie Indiana Jones, Danse avec les loups, Reservoir dogs, Il faut sauver le soldat Ryan, Pulp fiction
7 films détestés : Taxi 3, Batman et Robin, Le transporteur, Alex Ryder, Bad Boys 2, Double zéro, Coup de foutre a Notting Hill


Guillaume

Une couleur : Bleu
Un oiseau : Phoenix
Un arbre : Saule Pleureur
Un animal : un chat
Une senteur : la lavande
Un pays : Hollande
Une Phobie : guepes, frelons, abeilles...
Une chanson anglophone : A Waltz for a Night
Un instrument : Maracasses
Un métier : Journaliste de ciné ou prof d'anglais
Un parfum : Hugo Boss
Une fleur : Lotus
Un élément : L'eau
Un lieu : une route de campagne. La nuit.
Une direction : tous les chemins mènent au rhum
Une déesse de la mythologie : Perséphone
Un dieu de la mythologie : Bacchus
Une planète : Saturne
Un livre : Substance Mort
Un alphabet : l'alphabet normal
Un objet : mon Mad Movies chéri !
Une pierre : un diamant
Une arme : Celle de Sex Machine dans «Une Nuit en Enfer ». Innatendu, imparable, parfait.
Une langue : Anglais
Un signe du zodiaque : Capricorne
L'Enfer ou le Paradis : Les Limbes
Un son : le bruit de la pellicule qui défile dans le projecteur
Un musicien : Clint Mansell
Un vêtement : ma chemise
Une boisson chaude : Un café San Marco
Une boisson froide : la Biere
Une boisson alcoolisée : Tequila Sunrise
Un symbole : l'Ouroboros
Un film : ........................
Une ville : Fort de France
Une chanteuse : Julie Delpy
Un poète : Guillermo del Toro, un poète de l'image
Un écrivain : Philip K. Dick
Un mouvement musical : punk et métal (pas très compatible, c'est vrai...)
Un Super Heros : Batman
7 réalisateurs cultes : Michael Mann, Paul Veroheven, Brad Bird, Peter Jackson, Guillermo del Toro, Sam Raimi, Stanley Kubrick
7 dessins animés cultes : Les Indestructibles, Les Aristochats, Metropolis, La Belle et la Bete, Akira, L'impitoyable lune de miel, Le voyage de Chihiro
7 films cultes : Fight Club, Heat, Vorace, Certains l'aiment chaud, Trilogie Seigneur des Anneaux, Trilogie Spiderman, La cité de Dieu
7 films détestés : Romance X, Daredevil, Ecorché vif, Le Fils, Alone in the dark, Girls & Sex, Taxi 4

# Posté le dimanche 20 avril 2008 09:02

Modifié le dimanche 05 octobre 2008 05:52

"Quand Dieu m'a créé, il m'a créé cassé. Noir il a toutes les vis qui me manquent, et j'ai toutes les vis qui manquent à Noir."

Et hop, premier article ! Bon certes, ça aurait été plus rigolo de commencer par une daube, mais non, on entame avec un coup de coeur. Cela n'engage que l'auteur de ces lignes, mais voilà : sur les pages ou sur la toile, AMER BETON risque bien de traumatiser vos petites vies de cinéphiles. Bienvenue dans un monde nouveau !

AMER BETON
Auteur du manga : Taiyo Matsumoto
Réalisateur du film : Michael Arias


La cité des enfants perdus

De façon presque inconsciente, l'univers d'Amer Beton paraît immédiatement familier. Pourtant, pas de quoi se sentir chez soi : Noir et Blanc, deux orphelins à l'agilité surhumaine qui règnent sur leur quartier, doivent faire face aux changements que ce dernier subit. Pourchassés par un yakuza diabolique (au sens propre) et ses trois hommes de main, Noir et Blanc se retrouvent seuls, perdus dans un monde en pleine mutation. La force du manga d'origine réside essentiellement dans la façon qu'a son créateur de mêler une atmosphère de déliquescence urbaine à une intrigue faite de corruption, d'amitié franche et de quête d'identité. Un mix incroyable, où l'auteur se focalise avant tout sur les démons intérieurs qui torturent chaque protagoniste. Blanc et Noir, surnommés "Les Chats", dont le passé demeure inconnu, représentent les deux facettes d'une même pièce, fragile équilibre nécessaire à leur survie dans l'univers hostile qu'ils ont contribué à façonner. Suzuki, vieux yakuza sur le déclin, qui porte un regard nostalgique et désabusé sur un passé révolu. Fujimura, flic déterminé mais un peu en retrait, presque inutile dans cette ville qu'il ne reconnait plus. Le clown, figure maléfique et totalitaire qui souhaite remodeler la ville à son image. Tout ce beau monde évolue non sans peine dans ce micro-cauchemar urbain, à l'époque incertaine. S'affranchir de repères temporels pour rendre un récit universel ? Le procédé marche ici à merveille, et renforce un peu plus le sentiment de perte ressenti face à cet univers en pleine reconstruction. S'il nous conte également la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, Matsumoto évite un par un les clichés balourds, et lie de façon permanente, presque dérangeante, le décor de la ville à ses habitants, faisant de Blanc et Noir le catalyseur de toutes les angoisses qui rongent petit-à-petit ce paysage urbain.

Ces deux orphelins ont toujours fait ce qui les chantait, car ils connaissent les lieux comme leur poche. Ils répondent à chaque menace par la violence, et s'en sortent toujours. Lorsque leur quotidien est menacé, tout bascule, et le plus torturé des deux enfants (Noir) devra s'émanciper de la compagnie de Blanc, pour entrependre seul un voyage intérieur stupéfiant, pendant que gronde autour de lui la menace imminente d'un changement irréversible. Avec une telle note d'intention, le reste des sous-intrigues ne pourraient être qu'annexes. Tout faux : chaque personnage, secondaire ou non, bénéficie d'une traitement égal, qu'un montage parallèle constant (dans le manga comme dans le film) met grandement en valeur. Grâce à ce traitement, tous les genres auxquels l'auteur veut s'attaquer (saga gangstérienne, drame, fantastique...) se télescopent dans un grand maelström d'images explicites : non content de multiplier les vues aériennes de la ville (qui est aussi et souvent le point de vue des deux orphelins, ces derniers évoluant de toit en toit !), le découpage des cases permet de saisir la multiplicité de l'action avec une lisibilité totale, ne perdant de vue aucun des enjeux de l'histoire. S'autorisant même un détour par la mythologie grecque (le Minotaure, symbole des démons intérieurs de Noir), Matsumoto représente égalment, au détour de quelques cases, le pendant animalier de certains protagonistes (un chat, un oiseau, etc...). Une idée géniale, qui donne une idée précise de l'état mental de chacun. Bref, Amer beton foisonne d'idées, et l'on a du mal à imaginer comment rendre justice à un tel monument sur la toile.

Michael Arias, américain installé au Japon depuis 12 ans, a trouvé la parade. Lignes, montage, dialogues, musique...Amer beton colle le frisson. Ca vous remplit le coeur d'une joie indescriptible, vous fait pleurer, vous fait rire, vous fout sur les rotules... C'est du grand Cinéma, tout simplement. Jamais auparavant l'animation 2D n'avait atteint un tel niveau de fluidité, d'aisance. Affranchie de tous complexes, la caméra joue avec les échelles et les proportions (personnages, décors, détails...tout y passe) comme avec un yoyo, élargit la profondeur de champ jusqu'à nous faire oublier l'horizon, étale une palettes de couleurs vivifiantes, harmonieuses, en constant mouvement.... Amer beton est un film vivant, au sens littéral du terme, dont chaque recoin est rempli de détails qui contribuent à la beauté irréelle de cet univers inédit. Et le script est idem : chaque scène est plus belle, plus surprenante, plus onirique que la précédente. Elliptique quand il le faut (les deux passages vraiment violents du manga ont été légèrement adoucis), la narration d'Arias élague un peu celle du matériau original : la présence des animaux a été sévèrement amoindrie, mais permet d'explorer de fond en comble la psyché des deux gamins turbulents : on s'y attache véritablement, et leur aventure passionne encore plus lorsqu'on la redécouvre ! Malgré ces choix risqués (et pertinents), Amer beton conserve donc toute sa force symbolique, et ne parle au final que d'amitié et de nostalgie, de respect et d'attachement à ses racines. Des thèmes mille fois explorés ailleurs, qu'Arias réactualise dans un monde qui n'appartient désormais qu'à lui et à sa mise en scène enlevée, virevoltante et planante. Un film magique, hors du temps et des modes, capable de surprendre un peu plus à chaque plan...Une adaptation extraordianaire, voyage intemporel et fascinant que je ne suis pas près d'oublier.

En résumé : un manga foisonnant et riche de mille trouvailles pour une adaptation à fleur de peau, qui jongle avec les registres et la technique avec la même jubilation. Une...non, deux superbes réussites !

Note (manga et film) : 17/20

Guillaume

"Quand Dieu m'a créé, il m'a créé cassé. Noir il a toutes les vis qui me manquent, et j'ai toutes les vis qui manquent à Noir."

# Posté le mercredi 23 avril 2008 10:33

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 12:37

"Say hello to my little friend !"

Toujours pas de nanar à l'horizon. J'aurais bien aimé vous causer de Sweeney Todd, mais Olivier a tenu à faire un bond de 20 ans en arrière. Et vu qu'il a insisté (pour rester poli) afin que son réalisateur-préféré-que-ceux-qu'ils-l'aiment pas-y-z'ont-rien-compris figure sur la première page du blog, on a choisi son film le plus célébré, dont l'influence se fait encore aujourd'hui ressentir, et pas seulement au Cinéma (GTA, ça vous parle ?). Place au Roi :

SCARFACE, de Brian de Palma



Sea, guns and drugs

Il est certains films dont l'aura mythique a dépassé les frontières de leur médium. Pourtant, Scarface n'est pas le seul personnage immortalisé par le cinéma. Mais combien de méchants ont obtenu ce statut d'icône ? Hormis le Dark Vador de Star Wars, peu de concurrence à l'horizon ! Scarface est une ordure, un opportuniste avide de pouvoir et d'argent qui, pas à pas, se fait l'artisan de sa propre déchéance. Aaaaaah le rêve americain, que c'est beau : de l'argent, du pouvoir et des femmes (jingle : sea sex and sun). Mais ça peut rendre super vilain aussi... (jingle : bad boy). Alors Brian de Palma va nous offrir un grand film de gangsters, d'après l'original Scarface d'Howard Hawks. Il va donc demander a un autre très grand du cinema de le retoucher : Oliver Stone (Platoon, JFK...et aussi Alexandre, oui, on sait, mais ce sera 20 ans plus tard...).

Tony montana, réfugié politique qui a fui le régime de Castro, petit caid miteux fraichement arrivé à Miami , se fait un job pas très catholique et rencontre la femme de son patron.... l'ascencion va commencer. Scarface, c'est la naissance du bad guy par excellence, qu'on appellera vite Monsieur Tony Montana, qui n'est jamais très loin de son rail de coke...L'homme gravit quatre à quatre les échelons de la réussite, noyé dans un amas de drogue et de pognon. Pour donner de la gueule à cette célèbre tronche cicatrisée, c'est Monsieur Al Pacino qui est choisi, pour jouer la belle qui fait succomber le bad boy on prend le sex symbol de l'epoque Michelle Pfeiffer, parfaite en épouse camée. L'exploit de de Palma n'est pas tant d'avoir su retranscrire l'univers du grand banditisme que d'être parvenu à propulser son héros au rang de martyr. Un martyr voleur, tricheur, violent mais aussi terriblement attachant.

Une ordure au grand coeur en somme, magnifiée par la caméra d'un de Palma en état de grace et l'implication jusqu'au boutiste d'Al Pacino, à ce point dans la peau du personnage qu'il restera à jamais Tony "Scarface" Montana. L'image fantasamée d'un homme catapulté au sommet à coups de meutres et d'audace. Et si Scarface à marqué le genre, c'est bien grâce à ce méchant plus méchant que les autres (Don Corleone est un bambin face a lui). un mechant riche et puissant au sommet d'une montagne de cocaïne. Un spectacle hallucinant, où les "fuck" qui volent dans toutes les phrases choquent les critiques et font sourire les cinephiles. Sur des rythmes funk et groovy, Scarface lâche une dose dhémoglobine impressionante sans tomber dans le grand-guignol. Miami, soleil, argent, nanas, cadillac, flingues et poudre... Le bonheur n'a qu'un temps.

Ici Brian de Palma ne nous offre pas un "simple" film de petites frappes ou l'on tue pour tuer, mais une monstrueuse critique du rêve americain...qui pousse à la criminalité. Du jamais vu jusque là, tant Tony Montana reste indétrônable et l'un des plus grands badass de l'Histoire du Cinoche. La consécration pour Al Pacino, une oeuvre de plus qui démontre le génie de Brian de Palma et d'Oliver Stone... "Une paire de claques pour le parrain", en somme. Et c'est finalement l'image d'un gangster à bout de souffle qui imprime la rétine, trop sûr de lui pour imaginer se faire descendre à son tour. Sa chute sera lente, désespérée, sublime, formidable d'intensité et d'une violence opératique qui transforme ce grand polar en une authentique tragédie. "The world is yours", qu'on lui disait. Pas si facile. En revanche, pour la postérité, c'est gagné. Mille fois gagné.


En résumé : un de Palma au sommet de son Art, un Pacino enfiévré, un script imparable, une musique splendide... Un film culte qui n'a pas volé sa réputation et, sous ses allures de polar ultra-violent, le destin bouleversant d'un magnifique salopard. Magistral.

Note moyenne : 18/20

Olivier & Guillaume

Photo ci-dessous :
"Une qui me tourne le dos, un qui fait la gueule, et après ?! C'est MA putain de baignoire, et je négocie pas !"

"Say hello to my little friend !"

# Posté le samedi 03 mai 2008 08:43

Modifié le samedi 14 juin 2008 13:51

En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampooings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'oeil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre sa naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350.000 publicités. Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là...

En ce temps-là, on mettait des photographies géantes de produits sur les murs, les arrêts d'autobus, les maisons, le sol, les taxis, les camions, la façade des immeubles en cours de ravalement, les meubles, les ascenseurs, les distributeurs de billets, dans toutes les rues et même à la campagne. La vie était envahie par des soutiens-gorge, des surgelés, des shampooings antipelliculaires et des rasoirs triple-lame. L'oeil humain n'avait jamais été autant sollicité de toute son histoire : on avait calculé qu'entre sa naissance et l'âge de 18 ans, toute personne était exposée en moyenne à 350.000 publicités. Il avait fallu deux mille ans pour en arriver là...
bien sûr, il fallit bien qu'un jour j'ai à faire un article au sujet de 99F (c'est de bonne guerre étant donné que je saoule mes contemporains avec)

Résumé :

Octave Parango , publicitaire dans une grande agence de publicité parisienne (La Rosserys & Witchcraft), gagne bien sa vie (13000 euros par mois), possède un appartement à St Germain des Prés, passe ses vacances à St Barth et prend de la coke à 100 euros le gramme, il est également apprécié par ses collègues.
Dès le début du roman Octave Parango est donc décrit comme un homme que n'importe quel français moyen rêverait d'incarner.
Mais Octave ne s'aime pas , tout comme il n'aime plus son travail et la pub.

Avis :


Que dire d'un livre comme 99 francs ? La chose n'est pas si évidente...
Rappelons tout d'abord que, lors de sa sortie, le livre a été comme un véritable pavé dans la mare lisse et calme de la littérature française.
Peu (voir très peu) de livres dénoncent de manière si féroce un milieu tel que la pub et le lecteur lambda trouvera encore moins de livre trantant de drogues, ou encore du monde de la nuit (j'insiste en France).

Succès librairie lors de son année de sortie [sorti en 2000, le livre connait en 2001 une "réédition en euros"... ], 99F, malgré une écriture qui peut être jugée comme violente pour les esprits les plus frustrés est généralement un livre qui ne laisse pas intact son lecteur après que celui-ci l'ai lu. En effet, les avis sur ce livre son plutôt tranchés, c'est à dire qu'avec Beigbeder soit ça passe, soit ça casse.

Le lecteur constate assez rapidement un choix de narration particulier : Frédéric Beigbeder choisit de mener sa narration en six temps jouant ainsi avec les six pronoms personnels sujets que lui offre la langue française, permettant alors une distanciation encore plus prononcée à chaque partie (distanciation accentuée puisque l'auteur se dégage déjà de son nom en empruntant un pseudonyme).

Passé le côté "brulôt", le lecteur découvre le quotidien d'un homme. Il s'agit bien sûr de Frédéric Beigbeder caché sous le pseudo d'Octave Parango, habitué au paraître, qui semble tout puissant et intouchable mais qui se révèle n'être qu'une "pauvre merde" (dixit himself) un homme comme tout les autres et qui ne veut plus paraître mais tout simplement exister.
Ce livre démonte alors petit à petit le mythe de la réussite (sociale et financière) et montre, à mon sens, que l'argent n'est alors pas forcément le meilleur moyen d'être heureux pour un homme.
Octave gagne énormément d'argent mais il n'est tout de même pas à l'abri de "petits malheurs" comme par exemple la perte de l'Être aimé.
Malgré tout, Beigbeder peut être perçu (toujours par les esprits faibles) comme quelqu'un qui crache dans la soupe, ou encore comme quelqu'un qui se vante. Le regard que nous offre ce livre sur Beigbeder est tout autre, il est évident que la personne qui après la lecture du livre continue d'affirmer ça n'a absolument pas compris qu'il ne se prenait en rien au sérieux (les apparitions qu'il fait dans le film en témoignent).
La pub est évidemment égratignée au passage. Octave montre aux lecteurs que tout n'est qu'une dupe là où il se trouve.
Un vieux fond écolo est à constater également comme la mise en évidence des effets de l'abus de consommation sur notre société (disparition de certaines espèces végétales, d'un savoir-faire, au lieu de privilégier le dialogue direct préférence de l'internet ou du téléphone [...]).
Il est clair que Beigbeder ne cherche pas à changer le monde mais à prévenir le lecteur de manière originale et drôle, à le réveiller de son doux sommeil pour lui montrer les conneries irréversibles que les humains sont en train de faire.
Je méprise les notes
ElOiii




côté film :


Octave adore sa vie autant qu'il déteste ce qu'il est (devenu). En révolte contre le système qu'il façonne jour après jour, il s'apparente à un ado en crise qui aurait été nommé "Roi de la lobotomie". Un monstre d'artificialité, dont on doute de la sincérité. Mais ce film n'est pas entièrement le sien. C'est celui de Frederic Beigbeder, auteur du bouquin éponyme qui fait ici trois brèves (mais hilarantes) apparitions. L'affiche, superbe, emboite le pas à quelques autres qui ont eu la bonne idée de manipuler le spectateur (de la facon la plus saine et logique qui soit) avant meme qu'il décide d'acheter son billet. En vrac, on pense à Matrix, dont le slogan était "The Matrix has you" --> "La matrice vous tient" ou "Vous etes dans la Matrice", c'est selon ; ou encore, pour citer un autre médium, Metal Gear Solid 2 -Sons of Liberty, l'un des jeux vidéos les plus passionnants jamais créés, qui est a tous les niveaux un monument en matière de manipulation ! Celle de 99F a l'audace de paraphraser son propre concept, qui pourrait se résumer par "Attention, danger : mensonge(s)". Résultat : l'étiquette présente sur la couv' du bouquin est bien présente, mais accompagné d'un texte volontairement aguicheur qui annonce la couleur. Et elle n'a justement rien a voir avec le blanc immaculé présent sur ladite affiche : génial !


Dès le départ, Kounen s'approprie le bouquin de Beigbeder et sa structure en 6 actes, en y apposant un style bien personnel. Celui d'un metteur en scène qui en a marre d'etre brimé par une bande d'analphabètes de l'image qui sapent son boulot sans se poser de questions. Qu'il nous balance en pleine face l'un des films les plus fous et inventifs du cinoche francais (Dobermann) ou qu'il offre un voyage sensoriel unique en trahissant une bd culte (Blueberry, film hermétique, trop long, mais si beau), public et critique n'y trouvent pas souvent leur compte. Un peu comme Beigbeder en somme, qui voue une haine et un dégout profond à l'univers de la pub. Si Kounen a toujours fait une petite apparition dans ses oeuvres antécédantes, le fait qu'il interprète ici Pyjaman est loin de tenir lieu de simple clin d'oeil : il fait echo à toute la charge du film, ahurissante de complaisance et de méchanceté. Octave est la parfaite incarnation des 3 principaux responsables de cette comédie cradingue : Beigbeder évidemment, mais aussi Jean Duajrdin et Jan Kounen. On peut dire que ces deux-là se sont trouvés, et ils se renvoient la balle avec un plaisir tellement evident qu'il en deviendrait presque coupable. Presque.

Inutile de s'attarder sur l'adaptation du livre à proprement parler, car on se situe bien au-delà : nous sommes ici dans la réappropriation, l'emphase totale entre efficacité de film grand public (le film regorge d'idées visuelles qui clouent le bec a tous les détracteurs de Kounen) et angoisses insondables d'auteur. Le script ne reformule pas les 260 pages du livre, il les relaie avec une aisance presque insultante (il n'est jamais agréable de se faire traiter de consommateur débile). Le visuel, lui, oscille entre travellings vertigineux, panoramiques à tomber du siège et effets spéciaux remarquables. 99F réussit le tour de force de donner vie a un monde entièrement voué à l'artifice et à la beauté. Car au-delà des scènes déjà cultes, des prestations démentielles de tous les acteurs, du coté "rentre dans le lard" du métrage, 99F est une revanche : celle d'un acteur cantonné à faire rire, d'un réalisateur condamné à diviser, et celle d'un auteur qui a été trop payé pour mentir. Bref, 99Fest un pur plaisir dont le final, expurgé de l'avalanche de couleurs et de sons proposée jusque là, réjouira tous ceux qui comprendront qu'il ne s'agit pas, là non plus, d'un banal clin d'oeil à Blueberry : si vous vous ennuyez durant ce quart d'heure, c'est que vous êtes toujours aussi conditionné par les images que quand vous êtes entrés dans la salle ! On peut trouver la démarche cynique, mais des pamphlets qui mordent de facon aussi féroce la main qui les nourrit, il y en a combien par an ?


Note : 16/20
Guillaume

# Posté le lundi 09 juin 2008 17:01

Modifié le samedi 10 janvier 2009 11:22